L'intérêt inattendu de ne pas obtenir ce que l'on veut
Hier, pendant un atelier « Dopamine Box » pour chiens, mon esprit a fait des siennes (merci, Sigrid van Iersel) s'est à nouveau déchaîné. Cette fois-ci, il s'est surtout concentré sur la notion de « tolérance à la frustration ».
Pourquoi ce concept ?
Le concept de « tolérance à la frustration » me touche particulièrement. Je crains que cette tolérance ne soit en baisse, chez les chiens, chez les humains, dans la société et, par conséquent, sur nos lieux de travail. La réactivité accrue chez les chiens, l’irritabilité grandissante entre les gens et les débordements émotionnels sur les réseaux sociaux n’en sont que quelques exemples.
Comme beaucoup d’autres parents, j’ai naturellement tendance à vouloir protéger mon enfant des difficultés. Je veux lui éviter les erreurs, les déceptions et la souffrance. Dans mon métier de coach en organisation, je cherche sans cesse des moyens d’accompagner le changement au sein des organisations et des équipes de la manière la plus positive possible, en essayant d’éliminer tous les obstacles.
À plus petite échelle, je réfléchis à la manière d'élever mon futur chiot. Pour être honnête, j'aimerais ne lui offrir que des expériences d'apprentissage positives. Je prépare son avenir en éliminant tous les obstacles possibles. Je commence par éviter les situations qui stressent mon chiot. Quand je ne fais pas attention, je finis par le promener uniquement tard le soir dans des zones industrielles désertes.
Je sais que ce genre de comportement, souvent appelé « curling » (ce sport d'équipe où l'on balaye la glace pour contrôler la vitesse et la direction de la pierre pendant qu'elle glisse vers une cible), peut rendre un chien réactif, car il n'apprend jamais à gérer les situations stressantes.
Et le résultat ?
Chez un chien, la réactivité ne disparaît pas en se repliant sur soi. Souvent, elle s'intensifie même lorsque le chien se heurte inévitablement à des sources de frustration. Je constate des schémas similaires chez les gens qui m'entourent. Il me suffit d'ouvrir une appli de réseaux sociaux et de lire les commentaires sous des publications bien intentionnées, neutres, voire positives.
Dans le dressage canin, il existe divers exercices, allant des plus simples aux plus avancés, conçus pour développer (ou renforcer) la tolérance à la frustration de manière positive. La « boîte à dopamine », présentée lors de l'atelier d'hier, en fait partie.
Ce que ces exercices ont en commun
- Elles aident le chien à comprendre les choses par lui-même (la méthode Montessori repose sur un principe similaire)
- Ils respectent le chien en tant qu'individu
- Ils encouragent l'apprentissage par l'expérimentation
- Ils contribuent à améliorer la prise de décision
- Ils renforcent la motivation en reportant la satisfaction
- Elles favorisent le calme et la concentration grâce à un recours judicieux aux récompenses
Ce qui m'intéresse, c'est de savoir comment ces idées pourraient s'appliquer à mon travail.
Je pense tout de suite au modèle « Exigences du travail – Ressources » (JD-R) utilisé dans la recherche sur l’épuisement professionnel. Là aussi, les données suggèrent que la clé pour aider les personnes en burn-out n’est souvent pas de supprimer toutes les exigences, mais d’augmenter les ressources et les stratégies d’adaptation auxquelles elles peuvent avoir recours. En d’autres termes, aider quelqu’un à se construire un « sac à dos » pour faire face aux exigences de son travail peut être plus important que de lui enlever les obstacles de son chemin.
Évaluation de l'engagement basée sur le modèle « Exigences du poste - Ressources »
Le scan d'engagement est un instrument simple qui se compose de sept motivateurs. Chaque motivateur s'intéresse à une source d'énergie spécifique, telle qu'elle a été identifiée par une recherche scientifique basée sur le modèle Demande de travail-Ressource. Une source d'énergie t'aide à faire face aux exigences du travail et contribue donc à l'engagement et à la satisfaction professionnelle des membres de l'équipe.